Ces derniers temps, je reçois beaucoup de courriers pour me demander ce que je deviens et si j’ai abandonné mon blog, voire même les relations D/s…
Ma réponse est une évidence : bien sûr que non. Je suis toujours aussi active au sein de ma passion où je m’épanouis comme jamais.

Il est vrai que j’ai quelque peu délaissé mon blog ces derniers mois.
La raison ?... Tout simplement parce que je n’avais rien à dire. Et comme le clamait si bien Voltaire, on parle toujours mal quand on n’a rien à dire…
Mais aujourd’hui, je reviens publiquement m’exprimer car il y a un sujet concernant l’univers SM qui m’agace au plus haut point : celui de la gynarchie.

J’ai effectivement remarqué que de plus en plus en plus d’adeptes de la soumission clament être de patentés serviteurs en mode "gynarchique". Tout comme de plus en plus de dominantes se vantent fièrement d’arborer l’idéologie haineuse de l’auteur homosexuelle du "SCUM Manifesto" afin de concrétiser leur avide besoin de supériorité sur la gent masculine. Souvent sous forme de mensonges afin de manipuler le petit monde qui les entoure.

Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’est réellement la gynarchie ?

Inspirée par la gynocratie, philosophie politique où le pouvoir est influé par les femmes, elle-même inspirée par la mythologie grecque des Amazones et des Lemniennes, la gynarchie est un terme inventée par la féministe et diplômée de psychologie américaine Valerie Solanas.
Personnage complexe, mythomane et névrosé, il est d’autant plus difficile de dresser un portrait collant à la réalité de cette jeune femme avant qu’elle ne défraie la chronique des faits divers en 1968 lorsqu’elle tente d’assassiner l’artiste Andy Warhol, ainsi que le compagnon et l’impresario de ce dernier. Une triple tentative de meurtre avec préméditation se soldant par trois années d’internement dans un hôpital psychiatrique pour la féministe extrémiste. Warhol ayant refusé de témoigner contre elle, Solanas fut jugée irresponsable de ses actes et évita ainsi quelques années de prison.
C’est à cette période que le grand public apprend l’existence de la gynarchie et du "SCUM Manifesto", pamphlet ultra violent prônant une sanglante et définitive révolution afin de créer une société sans hommes. Remarquablement écrite, l’œuvre n’est pas pour autant à mettre sous tous les yeux, le terme SCUM étant, d’après ce que racontera l’auteur aux journalistes de l’époque, l'acronyme de "Society for Cutting Up Men", littéralement traduit par "Association pour émasculer les hommes".
Certains proches de Valerie Solanas diront alors que certaines de ses réponses données à la presse lors d'interviews furent inventées de toutes pièces et qu’il ne fallait pas croire à toutes ses élucubrations.
On ne saura donc jamais la vérité sur les hypothétiques viols incestueux que Solanas proclamait subir à l’enfance, ni sur la spéculative violence de son grand-père paternel qu’elle disait endurer durant son adolescence. Tout comme l’on ignore l’authenticité de ses paroles à propos de ses activités de mendiante et de prostituée afin de financer ses études de psychologie.
Tout ce qui nous reste aujourd’hui sur Valerie Solanas est un film semi-biographique, " I Shot Andy Warhol", réalisé en 1996 par Mary Harron, et le fameux manifeste sexiste dont de nombreuses Dominatrices se proclament (sûrement par ignorance inconsciente) les mérites philosophiques. Un manifeste d’ailleurs renié par l’auteur en 1977, au terme d’une psychothérapie imposée par un tribunal à la suite d’une peine d’emprisonnement pour coups et blessures, où Valerie Solanas déclara que son œuvre n’était finalement qu’une "figure de style".
Une simple figure de style qui se retrouve aujourd’hui à la tête du mouvement BDSM. Mouvement qui n’a pourtant strictement rien à voir avec le sexisme, la haine et la violence.

En analysant la situation actuelle au sein de ce mouvement, il est facile de deviner la raison de ce lien. Énormément d’hommes soumis fantasment sur un univers sociétal uniquement géré par des femmes dominantes. Un monde où l’esclavagisme masculin serait une normalité de droit à l’instar de l’aspect gynarchique du manifeste haineux de Valerie Solanas. Mais cela ne reste qu’un fantasme pour 99.9 % de ces messieurs, une vision imaginaire faisant parfaitement fonctionner leur libido. Une simple pensée pulsionnelle, sûrement pas un état de fait définitif…
En six années d’activités, je n’ai, pour ma part, jamais rencontré, ou même croisé, un véritable adepte de la gynarchie. Jamais ! Cela doit sûrement exister, mais c’est aussi rare qu’une dominante non vénale.
Par contre, pour les "dominatrices" dites gynarchistes, c’est ici une bien belle occasion d’afficher sa prétention. Surtout sur la toile.
Elles sont aujourd’hui innombrables à se présenter par la désormais usuelle tirade introductive : "Dominatrice gynarchiste cherche soumis pouvant la satisfaire…".
Comprenez à cela : "Femme dans le besoin cherche un miséreux sexuel qu’elle va pouvoir dépouiller de son argent en lui faisant croire qu’elle s’y connaît en BDSM puisqu’elle est gynarchiste et que le miséreux en question n’a donc strictement rien à dire à ce sujet"…
Facile de se complaire en ce mode. Trop facile, même.
Car personne n’ira me faire croire qu’une Dominatrice digne de ce nom est sexiste et haineuse. C’est du grand n’importe quoi.
Les relations D/s et BDSM prônent avant tout le respect de l’autre, ainsi que l’amour. Sauf si bien sûr l’autre ne vous respecte aucunement, ce qui arrive parfois mais très rarement. Mais même dans ce cas, il n’est pas pour autant nécessaire d’user de haine et d’ultraviolence pour imposer une personnalité dominante.
Et pourtant, l’univers BDSM regorge de partisans gynarchistes. Dominantes et soumis confondus. Ils ignorent pour la plupart de quoi il est réellement question mais ils en sont. Peut-être parce que c’est l’expression à la mode ou bien parce que cela semble cool-swag-snob (au choix) de s’identifier ainsi. En tous les cas, sachez que pour prôner la gynarchie, la dominante doit être obligatoirement homosexuelle. Sinon, elle n’est absolument pas crédible. Sachez aussi qu’elle ne fera pas que vous soutirer de l’argent, elle vous fera également réaliser toutes tâches contraignantes (en réel, bien entendu) en se foutant éperdument de votre santé. Sans aucun respect envers votre vie privée, votre entourage et votre personnalité, elle vous tuera littéralement à la tâche et vous achèvera d’une balle dans la tête quand vous serez trop éreinté pour continuer à trimer. Ce qui se rapproche le plus de la philosophie gynarchique est le nazisme. Sauf que la gynarchie ne glorifie pas l’extinction définitive des Juifs, mais celle de tous les êtres masculins de la planète. Bref, encore une fois, rien à voir avec le BDSM.

Personnellement, après le moneyslavery outrancier, cela m'attriste que la gynarchie soit ainsi dénaturée dans un univers où c’est ordinairement l’amour qui résulte de nos relations sadomasochistes.
Je n’éprouve aucune compassion envers les névroses de celles qui se persuadent être gynarchistes. Elles ne sont, à mon humble avis, que de pauvres femmes haineuses et malades.
Quant à celles qui s’octroient mensongèrement cette philosophie extrémiste pour afficher un semblant de supériorité, permettez-moi de vous dire que vous n’arborez que votre ridicule aux yeux du monde.
En ce sens, je vous souhaite une excellente continuation.

Déesse Anaïs.


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